mardi 22 février 2011

Prolongation de la randonnée dans le Trièves : Week-end 29 avril – 1er mai

Nos voisins et amis du Trièves, de l'autre côté du Col de Menée, sont depuis longtemps très présents dans la mise en place de l'itinéraire européen. Rien de plus normal qu'ils reprennent le flambeau et continuent la randonnée ...

Voici le programme:

Jeudi 28 avril : Les Nonières – Col de Menée – Avers
Passage du « Col de Minuit » sous les contreforts du Mont-Barral. Avant le pique-nique nous participerons à un moment de recueillement au col pour se souvenir de l’histoire des exilés. Nous entrons dans le Trièves un autre pays : Le paysage s’ouvre sur l’Obiou et les sommets des Ecrins se profilent au loin. Nous descendons l'étage des forêts pour rejoindre celui des cultures des premiers villages, comme Saint Maurice-en-Trièves. Nous rejoignons Avers, hameau de la commune de Lalley.
Nuit au gîte des Ombelles.
M : 750 m; D : 830 m ; 6 h 30 de marche.

Vendredi 29 avril : Avers - Mens
Nous cheminons par une alternance de champs et forêts typiques des paysages vallonnés du plateau pas si plat que cela… Nous passons à quelques encablures des dernières vignes emblématiques du Trièves, que des passionnés ont à coeur de faire revivre. Nous passons au hameau du Perrier puis dans un paysage de bocage qui a souffert du remembrement de la première moitié du XXème siècle : haies et arbres champêtres maillent encore le paysage, et accompagnent le randonneur. Nous découvrons la bourgade de Mens au dernier moment, ramassée dans un repli de terrain.
Nuit au gîte Atamanta de Pré Faucon.
M : 200 m ; D : 225 m ; 6 h 30 de marche

Samedi 30 avril : Mens
Matinée consacrée à la visite de Mens, chef-lieu de canton à la vie culturelle très riche et de son marché du samedi, véritable institution séculaire, point de rencontre des producteurs locaux. Une animation au Musée du Trièves ou en plein air complètera la demie journée.
L’après-midi nous ferons l’ascension toute proche du Châtel (1937 m) qui évoque étrangement le bonnet de Calvin. De son sommet, nous découvrirons le plateau matheysin, la vallée du Drac, l’Oisans, les Grandes Rousses, le Vercors et la lointaine Chartreuse.
Nuit au gîte Atamanta de Pré Faucon.
M : 715 m ; D : 715 m ; 4 h 30 de marche

Dimanche 1er mai : Mens – La Mure
On imagine les exilés huguenots, après un accueil bienveillant à Mens, se remettre en route en direction du Nord, vers des contrées bien moins hospitalières. Le Drac, franchi au petit pont en pierre de Cognet marquait à la fois la limite de l’Occitanie et l’entrée en territoire farouchement catholique. Cognet est donc le premier village qui marque notre entrée en Matheysine, pays minier, où les ouvriers étaient aussi agriculteurs. Le train qui descendait l’anthracite vers Grenoble est aujourd’hui un train touristique renommé. Séparation à La Mure à 16h.
M : 550 m ; D : 450 m ; 6 h de marche
Possibilité de rejoindre la gare SNCF de Grenoble par le train touristique.

Pour plus d'information voir le site de Pascal Lluch, accompagnateur en montagne dans le Trièves
http://www.randopays.com/randopays-en-france/trièves-itinérant/sur-les-pas-des-huguenots-6-jours/


Pour s'incrire:
Vercors Escapade (qui propose des forfaits avec hébergement et des journées de randonnée accompagnée Tél 04 75 22 07 62 – contact@vercors-escapade.com – www.vercors-escapade.com

dimanche 20 février 2011

Gastronomie Huguenotte - Hugenottische Küche

Pendant la semaine « Exil et Tolérance » les restaurateurs du Diois vous préparent (et interpètent) des recettes anciennes:

Soirée bivouac, chansons et astronomie 
sur les paturages de Solaure le samedi 23 avril:
Salade composée
Navarin d'agneau
Tarte aux noix
(Repas préparé par l'Aubergerie de Barnave)
Réservations Office de Tourisme 04 75 22 03 03


Au "St. Domingue" à Die le dimanche 24 avril:
Flan de printemps
Crépinette d'agneau
Charlotte au chocolat
(Réservations au 04 75 22 03 08)

Au Clos des Lilas à Châtillon, le mardi 26 avril:
Fin velouté de poire et céleri
Délice de volaille farcie
Soufflé glacé aux fraises
(Réservations au 04 75 21 40 15)


Casse-croûte huguenot dans l'auberge "La Tune de l'Ours" à Boulc
Mercredi 27 avril à 12h30

Soupe d’antan, buffet terroir, vin et café
Prix 12,50€ - Réservation obligatoire au  04 75 21 12 94

Les menus proposés le 27 avril par « Le Mont Barral » ne sont pas encore connus.

Cette initiative est possible grâce à Christa Gombel et sa famille, dont les ancêtres ont émigré de Menglon dans le Diois à Ehringshausen-Greifenthal dans la Hesse. Patiemment elle a collectionné tout ce qui touche à la cuisine et au patrimoine huguenot. Auteure de plusieurs livres elle propose des séminaires de cuisine huguenotte (www.maison-rambaud.de)


Während unserer Wanderwoche « Exil&Tolérance » werden die Köche des Diois wieder alte hugenottische Rezepte nachkochen oder neu interpretieren.

Auf den Almwiesen von Solaure:
Gemischter Salat
Lammragout
Nusskuchen
( Reservierung Office de Tourisme 04 75 22 03 03)

Im St. Domingue, in Die Sonntag 24. April:
Frühlingsflan
Crépinette vom Lamm
Schokoladencharlotte
(Reservierung bei 04 75 22 03 08)
Im « Clos des Lilas », Châtillon, Dienstag 26. April:
Samtsuppe von der Birne und Sellerie
Gefülltes Geflügel
Geeistes Erdbeersoufflé

Das Menü vom 27. April im « Mont Barral » ist noch nicht bekannt.

Diese Initiative war nur möglich durch die Unterstützung von Christa Gombel und Familie, deren Vorfahren von Menglon im Diois nach Ehringshausen-Greifenthal in Hessen ausgewandert sind.
Mit viel Geduld hat sie alles gesammelt, was die Küche und die Kultur der Hugenotten betrifft. Als Autorin von mehreren Büchern bietet sie heute Kochseminare zur hugenottischen Küche an. (www.maison-rambaud.de)

jeudi 13 janvier 2011

Le dépliant de promotion est sorti

A tous nos amis : nous comptons sur vous pour faire connaître la semaine "Exil et Tolérance 2011" !

Notre budget de promotion étant très limité vous disposez pour cela essentiellement de deux outils :
  • le programme détaillé de la semaine, téléchargeable sur le lien ci-contre
  • un dépliant avec les grandes lignes du programme envoyé sur simple demande par l'Office de Tourisme de Die (Tél 04 75 22 03 03  - contact @diois-tourisme.com). Ce dépliant existe aussi en allemand.
Merci de votre soutien !


Das neue Werbeprospekt ist da !

An alle unsere Freunde und Sympathisanten: wir zählen auf Ihre Mithilfe bei der Werbung für unsere Wanderwoche "Exil & Tolérance 2011". 

Da unser Werbebudget sehr begrenzt ist haben Sie vor allem zwei Unterlagen dazu zu Ihrer Verfügung:
  •  das vollständige Programm, das man auf dem link hier rechts herunterladen kann
  •  ein Prospekt (auf deutsch oder französisch) das der Verkehrsverein von Die Ihnen und Ihren Freunden gerne zuschickt (contact@diois-tourisme.com)
Vielen Dank für Ihre Unterstützung !


mardi 4 janvier 2011

Les huguenots du Diois sous Louis XIV : histoire d'un étranglement

Introduction du Mémoire de master II de l'université de Savoie sous la direction de Frédéric Meyer
par Pierre Muckensturm, septembre 2010.


Pierre est un de nos accompagnateurs. Il peut vous envoyer la totalité de son mémoire sur demande: p.mucken@free.fr

Ce mémoire a pour objet de rechercher les modalités de l’étranglement, ou de la tentative d’écrasement des communautés protestantes du sud Dauphiné et plus particulièrement du Diois, le Diois s'entendant au sens large, la partie drômoise du diocèse de Die (le Triève, qui faisait également partie de ce diocèse et qui comptait une importante communauté réformée a été étudié en détail par Pierre Bolle dans ses nombreuses publications, Cf. bibliographie).
Il n'a pas pour objet de ce placer spécifiquement du point de vue des protestants, d'analyser leurs stratégies de résistance, ou même leur héroïsme ou encore de faire leur martyrologe mais de recenser au niveau régional les acteurs principaux de la vaste offensive contre le protestantisme, que ce soient les pouvoirs institués civils, militaires ou religieux, ou des associations, comme la compagnie de la propagation de la Foi et avant elle celle du St esprit, ainsi que les méthodes qu’ils ont mis en œuvre pour venir à bout de la Réforme ou "d'extirper l'hérésie", comme le formule la compagnie de la propagation par exemple. Et ces pouvoirs sont nombreux, parfois concurrents mais souvent coordonnés, et leur imbrication peut parfois sembler inextricable.
Dans la hiérarchie des pouvoirs, nous commencerons par évoquer les intendants du Dauphiné, Pierre Cardin le Bret puis Etienne-Jean de Bouchu, puis les évêques, Daniel de Cosnac, évêque de Valence et de Die de 1650 à 1687 au premier chef, pour le rôle de premier plan qu'il a joué contre les huguenots : précurseur dans les destructions de temples, pourfendeur de protestants dans ses prestations lors des assemblées du clergé de France. A ce titre il est d'ailleurs considéré comme un des promoteurs de la Révocation.
Nous examinerons le rôle des cours de justice et plus précisément celui joué par le parlement de Grenoble, dont certains présidents (il y en avait jusqu'à dix au total) se sont illustrés par leur zèle anti-huguenot, puis celui des cours de justice secondaires : la justice mage de Die, la sénéchaussée de Crest et le Présidial de Valence, dont le rôle est en retrait par rapport à celui du Parlement de Grenoble, puis nous évoquerons tout particulièrement le rôle de la compagnie de la propagation de la Foi de Grenoble, coordinatrice de l’offensive tous azimuts et qui semble relier tous les pouvoirs précédemment cités : au moins deux des présidents du parlement de Grenoble en sont membres actifs, les chefs militaires n'ont visiblement pas grand chose à leur refuser, les assemblées se tiennent souvent chez et en présence du prince évêque de Grenoble et le réseau de la compagnie, rien qu'en Dauphiné est impressionnant, et il peut être relayé au besoin par celui des autres établissements de la compagnie, dans les villes les plus importantes du royaume. Et dans le cas précis du Diois la compagnie est informée dans les détails par son réseau de curés ou d'envoyés spéciaux sur les opportunités de conversions volontaires ou forcées , de la situation des enfants qui semblent vulnérables pour une conversion, dont elle organisera éventuellement l'enlèvement, et les occasions de promouvoir ou de récompenser des Nouveaux Convertis qui lui semblent méritants, le tout succédant à la période de destruction des temples pour lesquelles elle a joué un rôle occulte mais efficace.

Limites du sujet et méthodologie :

Même s'il n'y a pas a proprement parler de spécificité propre à la région de Die dans les stratégies des pouvoirs contre les huguenots, de même qu'il n'y a pas de spécificité proprement dioise dans le noyau protestant du Sud-Dauphiné, nous avons retenu l'ensemble Die - Crest - Bourdeaux en débordant parfois sur la région de Nyons comme entité géographique cohérente formant le sujet du mémoire, ce qui recoupe a peu près l’arrondissement de Die aujourd’hui, même si les limites géographiques du Diois historique sont assez floues (Bourdeaux y est parfois inclus et ailleurs on parlera du pays de Bourdeaux).
Ces limites ne tiennent pas seulement à la diffusion de la Réforme en bas Dauphiné mais également à la méthodologie de la recherche: les décisions importantes et les jugements concernant les huguenots du Diois sont essentiellement prises à Grenoble, les grandes affaires étant rarement de la compétence de la justice mage de Die ou de la Sénéchaussée de Crest.
Et la consultation de milliers de folios des procédures et jugements du Parlement de Grenoble, de dizaines de registres de la compagnie de la propagation de la Foi et de centaines de mandements de l'intendance du Dauphiné oblige à un travail de tri par origines géographiques des justiciables (que l'on pourrait appeler victimes dans le cas des sujets de la propagation) et ces origines ne sont pas toujours précisées, les instances grenobloises n'ayant pas de chambres séparées par entité territoriale.
Et de ces consultations il ne ressort pas de différence de traitement entre les communautés de Die, Crest, Bourdeaux et Dieulefit, toutes des places fortes de la réforme, les justiciables étant souvent constitués en groupes d’origine géographique variée, mélangeant les huguenots du bas Dauphiné.
Et ceci est cohérent avec ce que l'on sait de la vie des communautés de l'époque : les assemblées du désert des années 1683 - 1688, comme celle du camp de l'éternel dans la forêt de Saou (en août 1683), regroupent des protestants venant des quatre coins de la région. De même les groupes d’émigrants arrêtés dans l’actuel département de l’Isère et déférés devant la cour criminelle du parlement du Dauphiné sont souvent bigarrés : originaires de tout l’actuel département de la Drôme, mais qui se joignent souvent avec des huguenots de Gap ou de Veynes, voire du Languedoc ou du Montalbanais.
Ceci étant, la ville de Die est emblématique pour la Réforme française, elle a eu le privilège d’accueillir une des sept académies protestantes que comptait le royaume de France, active de 1604 à 1684, et au plus fort de la vitalité de la communauté réformée, à l’époque des visites pastorales de l’évêque Charles de Léberon en 1634[1], la communauté catholique de Die tenait toute entière sous le porche de la cathédrale.



Les acteurs :

Il est difficile dans le cadre d’un mémoire rédigé en un an d’être exhaustif sur tous les intervenants de l’offensive anti-protestante et de tous les aspects qu’elle a pris, et d’exploiter les très nombreux documents d’archive récoltés. Certains acteurs seront à peine évoqués, comme les jésuites de Die, dont le nombre et l’action sont surtout symboliques (ils n’étaient que deux pendant longtemps) et d’autres acteurs comme les Capucins seront ignorés, faute de temps pour traiter leur action comme elle le mériterait. Les aspects financiers de la lutte contre les protestants seront peu développés, bien qu’il y aurait sans doute suffisamment de données d’archives concernant la confiscation puis la mise en régie des biens des religionnaires pour consacrer un mémoire universitaire à ce seul sujet.
De même, comme il n’est pas possible de traiter de manière exhaustive l’action de l’ensemble des intendants de la province en matière de religion, nous avons choisi d’en privilégier deux, Pierre Cardin le Bret, qui en fonction à l’époque de l’édit de Fontainebleau, pendant les années cruciales de 1683 à 1686 et Etienne Jean Bouchu, souvent appelé de Bouchu, celui qui aura été le plus longtemps en poste, qui est également celui pour lequel il y a le plus de documents d’archives, et de loin.

Questions de terminologie :

Il n’est pas toujours évident de qualifier l’entreprise de démolition du protestantisme qui a eu lieu sous Louis XIV ; Le terme de persécutions anti-protestantes n’est pas trop fort, mais il diffère de celui qu’on a pu prendre envers des ethnies ou des groupes d’origine géographique précise : on n’a pas persécuté une ethnie, ni même une lignée ou une famille en tant que telle, mais une religion, ou l’opinion religieuse d’individus, qui sont rapidement à l’abri de la colère du pouvoir dès qu’ils donnent des signes suffisant de conversion à la R.C.A.R. et d’ailleurs la stratégie des pouvoirs vise souvent clairement à briser l’unité familiale, en encourageant les conversions séparées des enfants et des femmes.
Les autorités du Dauphiné, à presque tous les niveaux, ont systématiquement tenté d’éradiquer le protestantisme (ou la Réforme), par une grande variété de moyens, en commençant par s’en prendre aux symboles, les temples et les signes ostentatoires du culte, y compris à la tenue sacerdotale des pasteurs[2], puis les pressions se sont faites économiques par les interdictions professionnelles, se sont considérablement renforcées avec le logement des troupes, puis on s’en est pris aux enfants des religionnaires par un système élaboré qui mettait les mariages protestants hors la loi et permettait d’enlever à leurs parents pratiquement tous ceux que la compagnie de la propagation de la Foi décidait, le tout accompagné de prosélytisme et d’incitations économiques positives, maniant avec un égal bonheur la carotte en plus du bâton. Suit une vaste offensive judiciaire contre les personnes avec les arrestations d’émigrants puis avec les vagues de condamnations à mort ou aux galères pour assemblées clandestines des années 1688 et 1689, qui furent renouvelées plus tard. De fait, la collaboration de tous les pouvoirs institutionnels, civils, religieux et militaires à cette entreprise, l’ampleur de l’action touchant à quasiment tous les domaines de la vie a rendu impossible le statut de protestant. Cette interdiction n’est pas seulement théorique par l’Edit de Fontainebleau de 1685 (quoi que l’édit de Révocation laisse une réserve dans la formulation de son paragraphe final sur « les dits de la R.P.R. qui pourrons demeurer dans notre royaume »), elle est impossible de fait par la diligence ou le zèle de l’ensemble des pouvoirs locaux du Dauphiné, ne laissant le choix qu’à deux possibilités, un exil périlleux ou une conversion, rarement sincère au demeurant. On peut donc légitimement qualifier cette entreprise de tentative d’éradication systématique de la Réforme en Dauphiné.

Bornes chronologiques :

Il a été convenu que le mémoire s’inscrirait dans la période du règne personnel de Louis XIV, c'est-à-dire de 1661 à 1715, par souci de cohérence. Cependant des retours au début de l’épiscopat de Mgr De Cosnac à Valence s’imposent parfois (il obtient le poste en 1653) et la politique de la compagnie de la propagation de la Foi de Grenoble, un des principaux acteurs traités dans ce mémoire, connaît une continuité dans son combat contre la Réforme depuis les années 1650, aussi certains documents cités seront antérieurs à 1661. D’autre part les recherches sur l’action des caisses de conversion en Dauphiné, si elle mettent en évidence une grande activité dans les confiscations et les mises en régie des biens des religionnaires n’ont pas laissé apparaître de liste de N.C. stipendiés avant 1723, ce qui est en dehors de la période convenue.
Et, sans surprise, la plupart des documents d’archive que nous avons trouvé concernant l’accablement des huguenots dénotent une activité intense, allant crescendo du début du règne de Louis XIV jusqu’en 1689, la répression marquant ensuite le pas dès que les effets de la guerre de la ligue d’Augsbourg (de 1688 à 1697) se font sentir, au point que même les registres de la compagnie de la propagation sont moins prolixes après 1689, puis on note une légère reprise de l’activité anti-huguenote à la fin du 17° siècle, marquée par quelques nouveaux édits ou promulgations, et pendant la guerre de succession d’Espagne de 1701 à 1714 les protestants du Dauphiné connaissent un répit relatif.



[1] Eugène Arnaud, Histoire des protestants du Dauphiné, au XVIe, XVIIe , et XVIIIe siècle, en 3 volumes, volume 2 page 326, Mgr de Leberon dénombre 40 catholiques à Die.
[2] Par un arrêt royal du 30 juin 1664, conservé aux A.D. de la Drôme en série D 71.

mercredi 29 décembre 2010

L'académie protestante de Die - Die protestantische Akademie von Die

Repères  -  Meilensteine (1)

 
Sceau de l'Académie - Siegel der Akademie
Sous le régime de l’Edit de Nantes (…) les 4000 Huguenots de Die en font la plus grande église de la province et représentent 95% de la population : aussi n’est-il pas étonnant qu’elle soit une des douze places de sûreté maintenues en Dauphiné et qu’elle ait trois pasteurs. Ces traits, qui font d’elle la capitale du protestantisme dauphinois, sont complétés par la présence d’une Académie qui depuis 1604 lui apporte un prestige supplémentaire, mais aussi de l’agitation quelquefois bruyante des 120 à 130 étudiants.
Ils apprennent le latin et le grec, l’éloquence, la musique et le dessin au collège classique ; certains poursuivent des études universitaires avec l’enseignement de la philosophe et de la théologie ainsi que l’hébreu afin que tout pasteur soit capable de commenter les textes de l’Ancien Testament. Quelques professeurs viennent de loin, tel l’Ecossais Jean Sharp, d’autres poursuivent à l’étranger un enseignement déjà réputé, tel Antoine Crégut qui occupe à Heidelberg la chaire de théologie ou Thomas Gauthier qui enseigne après 1685 à l’Université de Marburg. Un imprimeur est attaché à
l’Académie et pendant 44 ans Ezéchiel Benoît occupe une charge qui peut se révéler dangereuse lorsque l’ouvrage publié entraîne des poursuites judiciaires…


Extrait de « Les protestants dans le Diois » de Pierre Bolle (Itinéraires protestants - Editions Réveil 1986)


In der Zeit des Edikts von Nantes (…) bilden die 4000 Hugenotten von Die die grösste Gemeinde der Provinz und repräsentieren 95% der Bevölkerung. Deshalb ist es auch nicht erstaunlich, dass sie eine der zwölf im Dauphiné erhaltenen “place de sûreté” (Sicherheitsplätze, wo sich die Protestanten ungestört treffen und ihren Gottesdienst abhalten können) ist, und dass sie drei Pastoren hat. Diese Merkmale, die aus ihr die Hauptstadt des Protestantismus im Dauphiné machen, werden durch das Vorhandensein einer « Académie » (Schule/Universität) vervollständigt. Sie trägt seit 1604 zu weiterem Prestige bei, bringt aber auch die teilweise laute Agitation der 120 bis 130 Studenten mit sich.
Die Schüker lernen im klassischen Gymnasium Latein und Griechisch, die Redekunst, Musik und Zeichnen ; einige studieren an der Universität Philosophie, Theologie und Hebräisch, weil jeder Pastor in der Lage sein soll, die Texte des alten Testaments zu kommentieren. Einige Lehrer kommen von weit her, so der Schotte Jean Sharp. Andere setzten ihre schon berühmte Lehrtätigkeit im Ausland fort, so Antoine Crégut, der in Heidelberg den Lehrstuhl für Theologie innehat, und Thomas Gauthier, der nach 1685 an der Universität von Marburg unterrichtet. Zur Akademie gehört auch ein Buchdrucker, Ezechiel Benoit, der 44 Jahre lang eine Stelle besetzt, die sich als gefährlich erweisen kann, wenn das veröffentlichete Werk Strafverfolgung nach sich zieht…

Auszug aus “Die Protestanten im Diois” von Pierre Bolle – Übersetzung G. Flessier 1988

vendredi 17 décembre 2010

De la neige au Col de Menée / Schnee am Col de Menée


La neige tombe sur le Diois. Si elle tombe pour Noël, il devrait faire beau à Pâques ! Voici notre passage au printemps 2010 ...

 



Es schneit im Diois... Wenn es an Weihnachten schneit, wird es an Ostern schön ! Erinnerung an unsere Wanderung 2010...

Merci à Sylvaine Laborde pour les photos.

dimanche 12 décembre 2010

Tracé du chemin - Historische Wegstrecke

Jean-Luc Dupaigne nous a fait passé le message suivant:

" Je trouve le circuit étonnant et significativement différent du chemin de l'année dernière.
Pourquoi avez-vous évité systématiquement les temples de la vallée du Diois ? !
Quel intérêt de passer au Justin, un nième circuit passant au Justin, en oubliant Pontaix, Ponet, Pont-de-Quart et j'en oublie d'autres ?
Quelle idée saugrenue de s'attarder à Valcroissant, qui nonobstant l'attrait architectural, est un haut lieu catholique totalement étranger au thème d'un chemin huguenot ?

S'agirait-il de faire un chemin huguenot sans huguenot ? Ou s'agit-il de changer le chemin de lieux de passage chaque année pour renouveler l'intérêt des anciens marcheurs ?"

Certes, Jean-Luc a tout à fait raison que le patrimoine huguenot est plus dense à Pontaix, Sainte-Croix et Ponet. Il se trouve néanmoins que le chemin balisé (et validé par l'équipe autour de Pierre Bolle, qui a établi le tracé) passe par Rimon et Solaure.

Comme en 2010 nous avons privilégié la variante, en 2011 nous avons prévu le tracé balisé. Pontaix et Ponet ne sont pas oubliés dans le programme des découvertes.

 
Jean-Luc Dupaigne hat uns folgenden Kommentar geschickt: 
" Ich finde, dass die Wegstrecke sehr von der Strecke von 2010 abweicht. Warum haben Sie systematisch die Kirchen des Drômetals vermieden ? Welchen Sinn gibt es eine zusätzliche Strecke über Justin zu schaffen und Pontaix, Ponet, Pont de Quart (und andere) zu vergessen ? Welch eigenartige Idee in Valcroissant zu bleibe, einem, wenn auch archteltonisch interessanten, doch rein katolischem Ort, der mit dem hugenottischen Erbe nichts zu tun hat ?
Soll das einen Hugeottenweg ohne Hugenotten geben ? Oder geht es darum, jedes Jahr die Strecke zu ändern, damit Interesse der Wanderer erhalten bleibt ? "
Jean-Luc hat natürlich recht, dass das hugenottische Erbe dichter um Pontaix, Ponet und Sainte-Croix ist. Die offizielle Strecke (die von der Arbeitsgruppe um Pierre Bolle als historische Strecke ausgewiesen wurde) läuft aber über Rimon und Solaure . 2010 haben wir die Variante über Pontaix angeboten, 2011 ist der markierte Weg über Rimon vorgesehen. Pontaix und Ponet sind übrigens im Programm nicht vergessen...